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La conférence IE-Club, où comment faire du neuf avec du vieux

By Sara | 

21 Sep 07 | 

Category: Web 2.0

Nous assistions hier à la conférence “La Révolution de l’Internet Software” organisée par l’IE-Club (Internet Entrepreneurs Club), TechCrunch France et l’Afdel (Associations Française des Editeurs de Logiciels) au siège de Microsoft France.

Si le sujet était certes un brin racoleur (volontairement, de l’aveu même de l’organisateur Julien Cordoniou), il a néanmoins constitué l’occasion de faire le point sur les nouvelles pratiques en matière de logiciel en ligne, au travers de trois volets.

Première partie : Développer de l’Internet Software

Le concept du SaaS (Software as a Service) n’a en effet rien de nouveau et ne constitue qu’une renaissance du mode ASP (fourniture d’applications hébergées) qui avait fait l’objet de tant de débats passionnés par le passé.

En revanche, le concept de “cloud computing” qui s’appuie sur les API (Application Programming Interface) web ouvertes et prend généralement la forme de mashups, est lui plus récent et méritait qu’on s’y attarde.

Comme le signale Pierre-Antoine Durgeat (CTO de TellMeWhere), s’appuyer sur diverses API permet en effet de ne pas sans cesse réinventer la roue et de développer très rapidement de nouvelles fonctionnalités à forte valeur ajoutée, mais au détriment toutefois d’une forte dépendance vis-à-vis des fournisseurs d’API eux-mêmes.

Ainsi, il a également été souligné à quel point il est dangereux pour une startup de dépendre pour son architecture de services comme Amazon EC2 et S3, qui ne proposent aucun SLA (Service Level Agreement).

Les méthodes de développement ont également été évoquées : il apparaît que les méthodes agiles type XP (Extreme Programming) sont désormais largement adoptées, car elles permettent un prototypage itératif avec des cycles de développement très courts. De même, les intervenants ont souligné l’importance de s’inspirer des méthodes de développement Open Source en ce qui concerne le partage des sources, le versionning, etc.

Un dernier point intéressant, comme le signale fort justement le serial-entrepreneur Carlos Diaz, est la différence de plus en plus ténue qui sépare désormais les applications pro (B2B) des applications perso (B2C) : même cycles de développements réduits, même souci de bâtir les nouvelles fonctionnalités et interfaces en prise directe avec les clients.

Cette approche, que nous mettons nous-même en oeuvre depuis le début chez Synthesio, constitue désormais une tendance de fond, comme le prouve SAP qui vient de lancer son offre Business By Design afin de toucher le marché des PMEs grâce à des interfaces en ligne “sur mesure”.

L’importance de ce phénomène est ainsi soulignée par certains qui affirment même qu’il s’agit là du lancement de produit le plus significatif depuis 25 ans pour la firme allemande spécialisée dans les ERP : on est tenté de le croire lorsque celle-ci annonce avoir fait travailler 1000 développeurs pendant 4 ans sur ce projet !

Seconde partie : Financer de l’Internet Software

La conférence ne nous a pas appris grand chose sur ce sujet, qui a tourné autour des lieux communs de la profession :

  • Oui, il y a un cruel manque de fonds d’amorçage (seed fund ou early stage) en France
  • Bien sûr, il est plus facile de lever de gros montants aux USA
  • Evidemment, 80% des acquisitions de startups ont lieu aux USA
  • etc.

Troisième partie : Vendre et marketer de l’Internet Software

Il apparaît que le modèle de licence cher au B2B reste le moins risqué pour développer de l’Internet Software, car il n’est pas soumis aux diktats de l’audience et de la masse critique subis par les business models B2C (basic/premium et financement par la publicité).

Il y a actuellement une course à l’armement chez GYM (Google, Yahoo, Microsoft) pour acquérir toutes les régies publicitaires encore disponibles, aujourd’hui en online, demain en offline. Le paysage qui se dessine est donc dominé par les trois grands de la recherche qui auront très rapidement le monopole de l’intermédiation entre annonceurs, producteurs de contenus et diffuseurs. Rien de bien surprenant donc…

Plus intéressant est le cas de publicité dans les vidéos, encore émergent et qui prendra trois formes selon Rodrigo Sepulveda de Vpod.tv :

  • les formats déjà existants : bannière et liens sponsorisés
  • le format “preroll” ou “postroll”, plus ou moins maîtrisé car inspiré du monde télévisuel, qui consiste à insérer une publicité interstitielle en début ou en fin de vidéo
  • le format “overlay”, le plus innovant (insertion de logos de marques directement dans la pub, picture in picture, etc.) mais aussi le moins standardisé

Une conférence 1.0 pour un sujet 2.0

Si cette conférence s’est avérée assez consistante sur le fond, la forme en revanche appartient au passé.

En effet, pourquoi donc réunir à l’heure du web 2.0 un panel de 200 personnes dans une salle trop petite (à 80 euros par tête, ce qui fait tout de même cher le strapontin) et une chaleur de four pour assister à une conférence sans supports de présentation et pratiquement sans interaction, et supporter certaines personnes qui n’ont toujours pas compris qu’une question se termine par un point d’interrogation ?

Le contenu de la conférence étant diffusé sur Internet et la phase de networking ayant été réduite à la portion congrue (15 minutes pour échanger des cartes de visites avant d’être poussé vers la sortie, on peut même parler de “nanonetworking” !), ce type d’événement devient difficile à justifier financièrement…

Toutefois, terminons sur une note plus enjouée avec Christophe Raymond (CTO de Cegid) qui évolue sur un marché porteur mais où les clients ne sont pas toujours très au fait des dernières innovations : le B2C (Business to Comptable) ;)

Mise à jour 13.10.2007 : la vidéo de la conférence est désormais disponible en ligne.

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